Dans une usine agro-industrielle camerounaise, la disponibilité de l’électricité conditionne directement la production. Lorsque le réseau ne suffit pas, les groupes électrogènes diesel assurent la continuité, mais ajoutent une dépense de carburant et de maintenance. L’entreprise a donc engagé un projet combinant production solaire et stockage par batteries afin de réduire sa dépendance au réseau et au diesel.
Ce cas est intéressant pour une raison souvent négligée : l’enjeu n’est pas seulement de choisir des panneaux solaires, mais de trouver qui porte l’investissement, qui exploite l’installation et comment les résultats seront vérifiés.
La décision : ne pas financer seule toute l’installation
Le projet repose sur un contrat de fourniture d’électricité de longue durée. Un partenaire spécialisé prend en charge le financement, la construction et l’exploitation de l’installation ; l’industriel devient acheteur de l’électricité fournie. Ce montage ne signifie pas que l’énergie sera gratuite. Il permet de répartir autrement l’investissement initial, les responsabilités techniques et les paiements dans le temps.
Pour la direction financière, la comparaison pertinente n’est donc pas « diesel contre panneaux ». Elle porte sur le coût complet de l’énergie dans les deux situations : factures du réseau, carburant, entretien des groupes, prix contractuel de l’électricité solaire, garanties, durée du contrat et conditions de sortie ou de révision.
Les bénéfices recherchés — pas encore des résultats acquis
Trois effets sont attendus : moins de recours aux groupes diesel, des coûts énergétiques mieux maîtrisés et une alimentation plus fiable pour l’activité industrielle. Une baisse des émissions de gaz à effet de serre est également visée.
Mais il faut être précis : les informations publiques consultées décrivent un projet engagé, pas un bilan d’exploitation définitif. Les économies, la réduction effective de diesel et les émissions évitées devront être établies à partir des données de fonctionnement après mise en service. Une projection, même sérieusement calculée, ne doit pas être présentée comme un résultat déjà obtenu.
Ce qu’une autre entreprise peut apprendre de ce cas
Avant de chercher un financeur ou de signer un contrat similaire, une entreprise peut préparer cinq pièces essentielles :
| Pièce à préparer | Décision qu’elle éclaire |
|---|---|
| Douze mois de factures d’électricité et de carburant | Établir le coût actuel de l’énergie |
| Historique des heures de fonctionnement des groupes | Quantifier la dépendance au diesel |
| Profil de consommation jour/nuit et contraintes de production | Dimensionner solaire, batteries et secours |
| Comparaison des offres sur toute la durée du contrat | Évaluer prix, risques, maintenance et flexibilité |
| Méthode de mesure avant/après | Vérifier économies, continuité et émissions |
Le financement par un tiers peut être une solution, mais sa pertinence dépend du profil du site, de la solidité du contrat et du coût comparé des alternatives. Il ne donne pas automatiquement droit à une subvention, à un avantage fiscal ou à des crédits carbone.
La vraie leçon de ce cas est financière autant que climatique : une charge récurrente et polluante peut devenir le point de départ d’un investissement structuré, à condition de connaître le coût de départ, de protéger la continuité de l’activité et de mesurer les effets réels du projet.
ELYOR NETZERO accompagne les organisations dans la mesure de leurs émissions, l’identification de leviers de transition et l’analyse des décisions d’investissement climat.
