Risques climatiques au Cameroun : comment établir une première cartographie des vulnérabilités de son entreprise ?

Inondations, fortes chaleurs, sécheresses, vents violents ou perturbations des approvisionnements : les événements climatiques peuvent désormais affecter directement l’activité des entreprises camerounaises.

Leurs conséquences ne sont pas uniquement environnementales. Elles peuvent entraîner des interruptions d’activité, endommager les équipements, augmenter les coûts, limiter l’accès aux matières premières ou fragiliser les relations avec les clients et les partenaires financiers.

Face à ces risques, la première démarche consiste à déterminer précisément les activités, les sites et les ressources les plus exposés. C’est l’objectif d’une cartographie des vulnérabilités climatiques.

1. Identifier les événements climatiques pertinents

Toutes les entreprises ne sont pas exposées aux mêmes phénomènes. L’analyse doit tenir compte de leur localisation, de leur secteur d’activité et de leur chaîne d’approvisionnement.

Parmi les événements à examiner figurent notamment :

  • les inondations et les fortes pluies ;
  • les périodes de sécheresse ;
  • les vagues de chaleur ;
  • les vents violents et les glissements de terrain ;
  • les pénuries d’eau ;
  • les perturbations des réseaux d’énergie, de transport et de télécommunication.

L’objectif n’est pas de dresser une liste générale, mais d’identifier les événements susceptibles d’affecter concrètement l’entreprise.

2. Recenser les activités et les ressources critiques

L’entreprise doit ensuite déterminer les éléments indispensables à la continuité de ses activités :

  • les sites de production, agences, entrepôts et bureaux ;
  • les équipements stratégiques ;
  • les systèmes informatiques et les sources d’énergie ;
  • les fournisseurs essentiels ;
  • les voies d’accès et les circuits logistiques ;
  • les matières premières ;
  • les collaborateurs occupant des fonctions critiques.

Cette étape permet de comprendre où une perturbation climatique pourrait provoquer les conséquences les plus importantes.

3. Croiser l’exposition et la vulnérabilité

Un actif peut être exposé à un événement climatique sans être nécessairement très vulnérable. Tout dépend des dispositifs de protection et des capacités de réaction déjà en place.

Pour chaque activité ou ressource critique, l’entreprise peut se poser quatre questions simples :

  1. À quel événement climatique cet élément est-il exposé ?
  2. Quelle est la probabilité que cet événement survienne ?
  3. Quelles seraient les conséquences sur l’activité ?
  4. L’entreprise dispose-t-elle de mesures de prévention ou de continuité suffisantes ?

Les réponses permettent de classer les risques selon leur probabilité et leur niveau d’impact.

4. Évaluer les conséquences pour l’entreprise

L’analyse doit dépasser les seuls dommages matériels. Les conséquences peuvent concerner :

  • l’interruption ou le ralentissement des activités ;
  • la détérioration des équipements et des stocks ;
  • l’augmentation des coûts d’exploitation ;
  • la baisse du chiffre d’affaires ;
  • les difficultés d’approvisionnement ;
  • la santé et la sécurité des collaborateurs ;
  • le non-respect d’engagements contractuels ;
  • l’accès aux financements et aux assurances ;
  • la réputation de l’entreprise.

Cette évaluation aide la direction à hiérarchiser les risques et à concentrer ses ressources sur les vulnérabilités les plus importantes.

5. Définir les premières mesures de résilience

La cartographie doit déboucher sur des actions concrètes. Selon les risques identifiés, l’entreprise pourra notamment :

  • renforcer la protection de certains sites ;
  • sécuriser les équipements, les stocks et les données ;
  • diversifier ses fournisseurs ;
  • prévoir des sources alternatives d’énergie ou d’approvisionnement ;
  • adapter ses contrats d’assurance ;
  • établir un plan de continuité d’activité ;
  • former les équipes aux procédures d’urgence ;
  • intégrer les risques climatiques dans les décisions d’investissement.

Toutes les mesures ne nécessitent pas immédiatement des investissements importants. Certaines améliorations organisationnelles peuvent déjà réduire significativement l’exposition de l’entreprise.

Intégrer le risque climatique dans le pilotage

La cartographie des vulnérabilités ne doit pas rester un exercice isolé. Elle doit être actualisée régulièrement et intégrée aux processus de gestion des risques, de planification, d’investissement et de gouvernance.

Elle constitue également une première base pour répondre aux demandes croissantes des banques, des investisseurs, des assureurs, des grands clients et des partenaires commerciaux en matière de climat et d’ESG.

Par où commencer ?

Une première cartographie peut être réalisée progressivement, en commençant par un site, une activité ou une chaîne d’approvisionnement prioritaire.

L’essentiel est de disposer d’une méthode structurée, de mobiliser les responsables concernés et de transformer les constats en décisions opérationnelles.

ELYOR NETZERO accompagne les entreprises et les institutions du Cameroun et de la zone CEMAC dans l’identification de leurs risques climatiques, la cartographie de leurs vulnérabilités et la définition de mesures de résilience adaptées à leurs activités.

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